mercredi 20 mars 2013

Sourire à l'aube

Il y a eu les grues cet hivers pour décharger la colère et montrer qu'être père éloigné aujourd'hui n'est pas facile à vivre.
Prendre de la hauteur j'en aurai bien eu besoin.
J'en ai eu envie
Car ici bas rien ne change

Alors je compte les jours gravant sur les murs de notre prison d'éloignement
Les jours qu'il nous reste à tenir
Artus à 12 ans depuis janvier
Douze ans déjà
D'une même violence unilatérale sournoise et policée
Qui se perpétue de sa propre frustration
Douze ans d'instants trop courts pour tisser des liens solides malgré tout
Sur d'autre valeurs

Il ne nous reste plus que quelques années à tenir
Pour être libéré du pathos d'un parent à qui dame justice a donné trop de pouvoir

Éloigné de toute décision sur son avenir, sur ses loisirs
Coupé de toute information de santé
Interdit de pouvoir le contacter sereinement par téléphone ou par mail

La donneuse de leçon nous en fait voir de toute les couleurs
Avec une constance assidue
Comme un moyen de se raccrocher à sa vie si pauvre
Encouragée par le laxisme d'une justice sexiste qui ne considère les pères que par leur argent

Je sais que la patience et le temps son mes ailés
Alors chaque matin je souris à l'aube qui m'éveille

Sous le pont Mirabeau coule la seine
Loin de la justice veine
Mon fils grandit là bas
Au pays gris des pas perdus pour rien



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