dimanche 8 janvier 2006

Le Roi Artus

Artus était d’excellente humeur ce WE. Un peu fatigué, mais heureux de nous retrouver après une petite semaine dans la grisaille parisienne passée entre l’école et la garderie. « J’ai pas fait de Hockey parce que maman elle travaille ». C’est vrai qu’il ne va à cette activité sportive que madame a choisie que quand celle-ci ne travaille pas le mercredi. Pour ainsi dire pas souvent. Autrement Artus retrouve pour ce jour de repos, le même préau et les mêmes barreaux que le reste de la semaine. Ce n’est pas difficile de s’occuper des gosses ainsi. En les lâchant toute la semaine vers huit heure et demi le matin pour les récupérer exténués dix à onze heures plus tard. Un repas, une douche et au lit, demain matin je jouerai à nouveau avec toi comme poupée. Il suffit de faire pareil pour les vacances et ensuite de prendre ses vacances seule en demandant à la grand-mère d’assumer l’intérim de cette martialité scolaire.

C’est clairement un mode de fonctionnement que je ne comprends pas et que je désapprouve. Qui fait grandir les enfants dans ce contexte ? Les institutions ou le parent qui a la garde ? Il ne faut pas croire que l’institution des maternelles peut se substituer au besoin qu’a l’enfant de présence et de vie parentale. Un père symbolique présent un WE sur deux, une mère absente au maximum des possibilité de garderie, pour pouvoir parfaire au mieux sa carrière et l’image de la femme moderne décrite dans les magazines.

L’intérêt de l’enfant est il le centre des problèmes de cette dame. Je ne crois pas. Il était au plus : nécessaire à son image sociale de femme. A classer précisément entre le rouge à lèvre et le dernier string à la mode. Maintenant il faudrait s’en occuper. Mais c’est fatiguant et la carrière de cadre en assurance chez MARSH en prendrait certainement un coup. Alors laisser Artus et ses cinq ans aux bons soins des institutions en se dégageant entièrement sur elle, cela reste un comportement normal dans les grandes villes. Personne n’osera dire que l’enfant est maltraité ainsi. Tant de mômes vivent déjà comme cela. Le laisser partir pour une vie meilleure chez son père et ses frères ? Hors de question ! L’enjeu d’image, l’enjeu social et l’enjeu économique sont trop forts. Que dirait on de madame après toutes les conneries qu’elle a pu inventer pour justifier ses précédents choix et son image de « superwoman » martyr des méchants hommes…

Ce WE nous avons découpé une couronne de papier et l’avons décoré. Vivien a fait un délicieux gâteau au chocolat et y a caché une fève. Florian nous a joué de nouveaux morceaux de guitare pendant que Vivien trichait pour qu’Artus tombe sur la bonne part. Nous avons couronné le Roi Artus et pris la rue Merlin pour rejoindre le quai Chevalier où se trouve le marché. Le Roi a arpenté le quai et prodigué à chacun sa bonne humeur. Il a comme à l’accoutumé géré la monnaie des pièces jaunes ou oranges et octroyé quelques belles poignées de grains au grand coq gris de Papy. La journée de dimanche a bien vite filé et notre écuyer roi Artus est reparti par le TGV de 16h30 au pays où l’on fait grandir les enfants derrière des barreaux comme les singes dans les zoos.
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