lundi 9 janvier 2006

Mme Sylvie Mottes

A l’intention de Mme Sylvie MOTTES juges des enfants à Marseille

Ce courrier va sûrement trancher avec ceux que vous recevez habituellement. Je sais que la justice est un métier ingrat et je sais aussi que votre vie de juge n’a pas été de tout repos en particulier quand vous étiez dans le Vaucluse. Un des grands défauts de notre système judiciaire est le peu de mesures sur le terrain, des décisions des juges et donc du peu d’expérience que l’on en tire. Au mieux peut on savoir qu’il n’y a pas de remous si les décisions ne vont pas en appel. Peu être est ce pour cela que tant de décision parfaitement inviables sont rendues (j’ai maintenant une longue expérience de ce point).

Voilà deux ans, le 14 janvier 2004, vous m’avez confié la garde de mes deux fils aînés Vivien et Florian. Mettant fin ainsi à plusieurs années de maltraitance physique et psychologique (la pire qui soit) et de complicité passive d’une justice trop facilement aveugle.

En sortant de votre bureau, Vivien l’aîné m’a dit. Merci mon papa de t’être ainsi battu pour nous, mais maintenant il faut que tu fasses pareil pour retrouver notre petit frère Artus (3 ans alors) dont la mère avait disparu sans laisser d’adresse (la justice est très permissive avec certaines personnes).

Nous avons retrouvé Artus en mars 2004. Il vient depuis chez nous un WE sur deux malgré cet éloignement imposé par les choix de sa maman (région parisienne à 750 km). Il a noué une vraie belle relation avec ses grands frères et l’ensemble de sa famille paternelle.

Florian mon cadet, que sa maman voulait faire enfermer dans un centre pour dyslexie sévère à BRIANCON et qui savait à peine déchiffrer quand vous me l’avez confié, vient de rentrer en sixième. Il a fait un bon premier trimestre. Seul son retard en Français lui pèse encore un peu. Mais au vu de son niveau quand vous me l’avez confié, son rattrapage est tout à fait extraordinaire. Nous envisageons d’ailleurs avec son orthophoniste d’arrêter son suivi sur ce point en fin d’année. Par ailleurs, il joue maintenant merveilleusement de la guitare classique et a trouvé dans le rugby une bande de copain et une belle source d’équilibre.

Vivien qui était décrit comme très enfermé par les écoles à Marseille, est complètement en train de s’ouvrir et de s’épanouir. Lui aussi fait de la musique et joue au rugby. C’est un beau jeune homme aussi grand que moi. Il est maintenant en troisième et pour lui aussi le retard pris chez sa mère à Marseille lui demande un travail constant et un peu plus intense que ses camarades. Mais il est sur la bonne pente pour faire un bel être humain.

Samedi nous allons fêter tous ensemble les deux ans de votre décision, qui a permit notre vie en commun et qui a positivement changé ma vie et celle de mes trois fils. Je lèverai donc un verre à votre santé.

Néanmoins j’aimerai aussi vous rappeler votre première réaction à notre audition le 14 janvier 2004. Vous avez d’abord dit que ce n’était pas votre travail mais celui du JAF et qu’autrement tout Marseille devrait passer dans votre bureau. A l’époque, j’en ai été personnellement assez choqué. Sachez madame MOTTES, que malheureusement, quand un père en vient à saisir le juge des enfants c’est parce qu’il n’a en général jamais été entendu avant. Au vu de la façon dont les avocats répugnent à entamer une demande auprès des juges des enfants, c’est aussi que toutes les autres possibilités ont été utilisées.

Je crois aussi que si les JAF avaient fait correctement leur travail nous n’en serions pas arriver à une situation aussi extrême. Beaucoup de souffrances pour les enfants et leurs parents auraient été évitées.

Ce n’était peu être pas votre travail, mais personne n’ayant fait correctement le sien avant vous, vous étiez malheureusement notre seul recours. J’espère que vous aurez une pensée pour moi, la prochaine fois que vous recevrez un père ou une mère s’adressant à vous et ayant des pièces mettant en évidence la maltraitance de leurs enfants. Sachez qu’avant vous, ils n’auront comme moi pas forcement été ni écoutés, ni entendus.

Pour votre information :

La mère des aînés ne s’est déplacée que trois fois au lieu neutre, malgré les six mois de prolongation ordonnés en juin 2004 par le JAF à marseille. Ensuite elle n’a pas demandé de renouvellement et pendant plus d’un an nous sommes resté sans nouvelle d’elle. Elle est réapparue par biais de justice pour demander le changement de domicile de ses fils en septembre 2005, alors qu’elle n’avait même pas pris de nouvelles d’eux pendant un an. Ne se présentant pas aux audiences, celles-ci ont été reportées. Nous attendons actuellement la décision du JAF à Valence. Par ailleurs comme l’année dernière, elle n’a ni écrit ni même téléphoné à ses fils pour Noël.

Florian m’a dit : « tu sais elle ne s’excusera jamais et c’est ça qui est le plus dur »
Je crois moi, que la justice aurait pu faire beaucoup pour elle en ne la soutenant pas aussi aveuglement pendant autant d’années. La violence que vous aviez constatée ne c’était pas seulement produite devant vous. Par bonheur vous, vous avez agit et heureusement car dieu sait ce qu’il ce serait passé autrement...

Je vous souhaite une bonne année 2006 et le plus important une bonne santé.
Et merci encore pour tous les bonheurs quotidiens consécutifs à votre sage décision, il y a deux ans déjà.

Veuillez agréer mme le juge mes respectueuses salutations.
Puisse cette lettre enrichir votre expérience.

Philippe Gros
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