samedi 10 février 2007

Réponse de Mme ROYAL

A ma grande surprise, j'ai reçu aujourd'hui par mail une réponse de Mme ROYAL elle même à mon mail du 12 décembre 2006 (voir à cette date). D'autres candidats n'ont eux pas répondu...

Cher Monsieur,


J'ai bien reçu votre message en date du 12 décembre dernier et vous en remercie. Il a retenu toute mon attention.

Tout d'abord, je souhaite vous rappeler que c'est parce que je suis convaincue du fait que la continuité du lien de l'enfant avec ses deux parents est un droit de l'enfant mais aussi un droit des pères et des mères à un partage plus égalitaire des temps et des rôles, que j'ai, en ma qualité de ministre déléguée à la famille, à l'enfance et aux personnes handicapées, conduit une action volontariste en faveur de la sécurisation du double lien de l'enfant à ses deux parents.

En constitue une illustration forte l'exercice conjoint de l'autorité parentale, même en l'absence de résidence commune des deux parents, institué par la loi du 4 mars 2002 que j'ai fait voter. A également été créé, à mon initiative, le congé de paternité grâce auquel les pères, en participant activement à l'arrivée de l'enfant, sont reconnus dans leur rôle et y prennent toute leur place au plus tôt. Ce congé a eu un grand succès puisque plus de 300 000 pères en ont bénéficié dès 2002 et que près des deux tiers des pères concernés y ont eu recours en 2003 comme en 2004. Je vous rappelle enfin la création du livret de paternité dont l'objet est de souligner la place et le rôle du père et de lui apporter, dès avant la naissance de l'enfant, toutes les informations juridiques et pratiques nécessaires.

Le principe de la résidence alternée, que promouvait la loi du 4 mars 2002, en fut aussi une importante mesure symbolique et il n'est pas acceptable que des résistances, fondées sur des représentations traditionnelles des rôles des père et mère, en limitent la mise en œuvre.

Votre expérience montre cependant, une fois de plus, que le vote de textes, aussi important soit-il du point de vue des principes qu'ils affirment et des nouveaux repères qu'ils créent, n'est pas suffisant et doit être conforté par des mesures concrètes d'information, de soutien et d'accompagnement au travers de politiques publiques volontaristes ainsi, malheureusement, que de dispositions en pénalisant le non respect. Enfin, dans ce domaine où la dimension humaine des relations prédomine, je crois profondément que le développement de la médiation familiale, en aidant les adultes à surmonter leurs conflits, est de nature à éviter que les enfants en soient l'enjeu au prix d'une grande souffrance, et à permettre, dans un contexte apaisé, le respect des aspirations et des droits des deux parents.

Espérant vous avoir assuré de ma détermination sur ces questions, je vous prie de croire, cher Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Ségolène Royal

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